Cela faisait un sacré moment qu’on attendait ces trois jours de fête, et lorsque la semaine fatidique est arrivée, on avait un peu de mal à y croire. Hors Bord Festival, J-3. C’est arrivé assez vite finalement, mais l’impatience restait la même. Souvenirs en tête, nous sommes arrivés sur le site par la belle entrée Hors Bord, faite de conteneur dont l’un était brandé du logo.

Toutes les photos sont de Jordi Adoue, ami du webzine et un des photographes officiels du Hors Bord.

LIVE REPORT – DAY 1

Le temps menaçant n’a pas chassé le public qui s’est déplacé en nombre pour danser, partager et communier en ce premier jour du Hors Bord 2017. Le site s’est agrandi cette année, proposant 2 espaces distincts articulés autour des deux scènes, l’un central autour de la scène Wellman, avec notamment un aménagement pour que les festivaliers puissent se poser et profiter, et l’autre aux abords du village, qui regroupait les différents stands (disquaire, flash tattoo, friperie…). Cette zone conviviale a clairement été pensée et conçue pour le confort du festivalier. C’est Hors Bord Soundsystem qui s’est occupé de l’ouverture sonore de cette deuxième édition, sur la scène Wellman, avant de laisser la place au groupe Lomboy, armé de sa pop rêveuse et atmosphérique aux accents japonisants, qui nous a ramené tout droit dans les 60’s, à l’époque où Lee Hazlewoord et Nancy Sinatra s’accordaient pour nous délivrer le délicieux ‘Nancy & Lee’. Sous un ciel toujours incertain, Buvette a distillé une cold wave enivrante et vitaminée, qui est parvenue à ramener les spectateurs devant la scène Wellman.

© JORDI ADOUE

Il y avait aussi du beau monde qui s’affairait sur la scène Bacala, située à proximité du village. Les locaux Tample ont assuré le spectacle avec une pop dansante, qui a parfois viré à l’indie, pour réchauffer les corps des festivaliers venus les soutenir, avant que le producteur bordelais HØRD ne vienne conclure toute en énergie les festivités sur la scène Bacala.

© JORDI ADOUE

Le ciel se montrant enfin clément, Death In Vegas a pu régaler le public de leur live analogique sans fausse note. Cette immersion dans l’univers singulier du duo a littéralement conquis la foule, parfaitement échauffée pour la conclusion de ce jour 1, assurée par le producteur lyonnais Kosme. Fidèle à lui-même, il a envoyé des rafales de kicks et dépensé une vibe communicative et entraînante.

© JORDI ADOUE

LIVE REPORT – DAY 2

Cette deuxième journée a démarré en douceur, par le live captivant et expérimental de DR(DR)ONE. Les sonorités mystiques et caverneuses ont clairement produit leur effet, envoûtant le public qui a dû d’emblée replonger dans la performance de Bernard Fèvre aka Black Devil Disco Club. Le papa de la disco et de l’electro made in France a offert au public quelques pépites dont lui seul est le détenteur.

© JORDI ADOUE

C’est durant la fin de son set que retentit sur la scène Wellman les premières notes de la dream pop d’Isaac Delusion. Le quatuor n’a pas manqué à sa réputation de « groupe de festivals » en proposant une large revue de son répertoire, et nous présentant notamment son dernier né, ‘Rust & Gold’. Isaac Delusion semble quelque peu délaisser la dream pop pour se tourner vers des sonorités plus agitées, plus rouillées. C’est en parfait « chimistes de la musique » que les compères ont offert un live puissant et organique aux festivaliers venus nombreux les applaudir. Avec un public conquis, Isaac Delusion s’est même permis un petit débordement de leur temps de passage, pour prolonger la fête. C’est sur ces dernières notes pop et ces derniers coups de tambour que viennent s’installer le duo hybride composé d’Antal et de M.C.D.E., en b2b pour l’occasion. Ces deux grands selectors ont délivré sucrerie sur sucrerie, gâtant le public venu en masse devant la scène Wellman. On attendait beaucoup de cette collaboration de selectors, ils ont clairement su répondre présent.

© JORDI ADOUE

Au même moment, Lorenzo Senni se chargeait de l’animation sonore sur la scène Bacala. La dance agitée et frénétique a ravi les spectateurs restés assister à la prestation  du producteur transalpin. Cette deuxième journée s’est superbement clôturée par la performance de Suuns (et notamment le fameux « 2020 »), entre rock psychédélique et basses profondes. Ce moment d’intimité a permis de remettre au goût du jour le Krautrock, cette musique rock alternative cosmique dont les canadiens se sont appropriés tous les codes avec brio et qui a bercé le public en ce deuxième jour de festivités.

© JORDI ADOUE

LIVE REPORT – DAY 3

Nous arrivons sur les coups de 13h, histoire de profiter pleinement de l’expérience festivalière proposée ce samedi. Avec un temps qui s’annonce clément, voire beau, nous nous dirigeons vers l’espace chill, proche de la scène où joue Délicieuse Musique. Et comme son nom l’indique, c’est un délice en parfaite concordance avec l’atmosphère.

Aldous RH sur la scène Bacala du Hors Bord Festival

On déambule dans le village, et rapidement c’est Aldous RH qui prend les commandes de la scène Bacala. Avec une pop langoureuse et une sensualité certaine, nous nous laissons portés par la voix de l’artiste. Les notes groovy, voire disco, ne laissent personne indifférent. On voit se profiler des déhanchés, et c’est sous un soleil printanier que nous dansons. On garde tout de même à l’esprit qu’à 17h, c’est Roméo Elvis et Le Motel qui ouvre la scène Wellman. Étoile montante originaire de Belgique, et spécifique de Bruxelles, nous avons vraiment hâte de voir le phénomène. Le concert commence, le beatmaker est là, et il commence seul le concert, sur scène.

Roméo Elvis devant la foule du Hors Bord Festival

On entend pourtant Roméo Elvis qui parle, nous parle, directement, depuis les backstages. Concept intéressant, on espère tout de même que le concert ne va pas se dérouler ainsi. Et là, ils débarquent sur scène, avec son complice du Motel. Et l’énergie communicative qui va avec ! Il avait envie de faire bouger Bordeaux, et Bordeaux a jumpé. Oui. Le Hors Bord Festival a pris sa claque. À la fin du concert, et pour rester dans le thème, on file voir la figure UK de la Grime : AJ Tracey. Avec son DJ et un autre MC, ils débutent par une unreleased. Pas mécontent du résultat, on reste assez béat devant le concert. C’est d’une vitalité impressionnante, d’un dynamisme éprouvant, et le résultat final est bluffant.

Portrait de DJ Koze au Hors Bord Festival

Les premières notes de DJ Koze retentissent et, en passionnés de musique électronique que nous sommes, nous filons chercher un verre de Fils de Pømme avant de se plonger dans le set de cet Allemand illuminé. On ne sait pas encore à quel moment la synchronicité a eu sa place dans ce moment, mais l’alchimie entre le soleil déclinant, l’atmosphère et l’esprit des gens présents a suspendu le temps. DJ Koze enchaine alors un set parfait inscrit dans ce groove mélodieux et doux dont il a la recette, sans fausse note, sans exception. On est sur un nuage.

Floating Points à Hors Bord Festival

L’instant se termine, pour en re-créer un autre. Qui d’autre mieux que Floating Points pour reprendre le flambeau d’une si belle manière ? Cet énergumène est docteur, neuroscientifique d’ailleurs, et s’appelle Sam Sheperd. Sa musique est d’une précision chirurgicale, quasi irréelle lorsqu’il s’agit de toucher les nerfs qui activent vos pas de danse. Une disco lumineuse, une house groovy, chantante et enivrante, avec une funk exceptionnelle, c’est très sérieusement que Floating Points enchaine ses titres sous un coucher de soleil californien, augmentant l’intensité des kicks et du tempo, jusqu’à l’orée de la nuit. Ses performances lives sont constamment saluées par la critique, celle-ci ne dérogera pas à la règle.

Portrait de Omar-S par Jordi Adoue au Hors Bord Festival

Le clou du final, c’est sans aucun doute Omar-S. Imaginez-vous danser sans relâche depuis 18h devant DJ Koze. À 20h, c’est Floating Points qui est venu vous cueillir pour prendre les opérations sonores du Hors Bord Festival, avant de laisser les clés à la figure de Detroit : Omar-S. Imaginez un peu… C’est avec une frénésie non dissimulée, que l’ensemble des festivaliers s’est rué aux abords de la scène Wellman pour venir acclamer celui qui sait faire vibrer comme personne les aficionados de vibes électroniques depuis plus d’une dizaine d’années. On a longtemps retenu notre souffle avant que viennent jusqu’à nos oreilles les premières notes du son si singulier de Detroit. Entre les classiques d’Omar-S et des perles comme Chez Damier, nous ne savions plus quoi faire sinon vivre un instant intense, nous transportant au-delà de l’Atlantique, dans la Hitsville, celle où les ondes électroniques résonnent et résonneront pour nous éveiller, comme une lumière au bout de la nuit.